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Cochenille farineuse blanche sur feuilles d'agrumes en Calabre

Cochenille farineuse : reconnaître et traiter les agrumes atteints

1 septembre 2026
admin

Cochenille farineuse blanche sur feuilles d'agrumes en Calabre

La cochenille farineuse est un insecte suceur recouvert d’une cire blanche cotonneuse qui colonise les agrumes, surtout aux aisselles des feuilles et sur les jeunes pousses. Elle affaiblit l’arbre, provoque la chute des fruits et laisse un miellat collant sur lequel se développe la fumagine noire. Le traitement efficace combine trois gestes : éliminer les fourmis, laver les colonies à l’huile de paraffine ou au savon noir, et introduire des auxiliaires prédateurs.

Je m’appelle Giuliano Conforti et je cultive des oliviers et des agrumes à San Giorgio Albanese, en Calabre. Ici, le climat doux et l’humidité de la plaine de Sibari sont un terrain de jeu idéal pour ce ravageur : chaque année, entre mai et septembre, nous surveillons les vergers de près. Ce guide reprend ce que nous appliquons réellement au champ, et qui fonctionne aussi bien sur un citronnier en pot que sur une parcelle d’orangers.

Identifier la cochenille farineuse

Il s’agit d’un insecte de la famille des Pseudococcidae. Les espèces qui touchent le plus souvent les agrumes en Europe méridionale sont Planococcus citri, la cochenille des serres, et Pseudococcus longispinus, reconnaissable à ses longs filaments caudaux. Une troisième, Icerya purchasi, dite cochenille australienne, forme un sac ovigère blanc strié très caractéristique.

La femelle adulte mesure 3 à 5 mm, elle est ovale, molle, de couleur rose à grisâtre sous une couche de cire blanche qui ressemble à de la farine ou à du coton. Elle se déplace lentement. Les mâles, minuscules et ailés, ne vivent que quelques jours et ne piquent pas.

Espèce Aspect Localisation préférée
Planococcus citri Ovale, cire farineuse, filaments courts Aisselles, pédoncules, fruits
Pseudococcus longispinus Deux longs filaments à l’arrière Face inférieure des feuilles
Icerya purchasi Sac blanc strié sous le corps Rameaux et troncs
Cochenille à bouclier Écaille brune bombée, sans cire Tiges lignifiées

Ne confondez pas avec les cochenilles à bouclier : celles-ci portent une carapace dure et brune, sans aspect cotonneux, et ne se traitent pas exactement de la même façon.

Les signes d’une attaque de cochenille farineuse

Le premier signal n’est presque jamais l’insecte lui-même, mais le miellat. Ces déjections sucrées rendent les feuilles collantes et brillantes. Elles attirent ensuite un champignon saprophyte, la fumagine, qui forme une pellicule noire sur le limbe et bloque la photosynthèse.

  • Amas blancs cotonneux aux aisselles des feuilles et sous les fruits.
  • Feuilles poisseuses, puis noircies par la fumagine.
  • Jaunissement, enroulement et chute prématurée du feuillage.
  • Fruits déformés, tachés, qui tombent avant maturité.
  • Présence intense de fourmis montant et descendant le tronc.

Les fourmis sont un indicateur fiable : elles élèvent littéralement le ravageur pour récolter son miellat et le protègent de ses prédateurs naturels. Voir des fourmis circuler sur un citronnier signifie presque toujours qu’une colonie s’est installée quelque part.

Un dernier repère utile : la cochenille farineuse se cache. Avant de conclure qu’un arbre est sain, écartez les jeunes pousses, retournez quelques feuilles et grattez l’écorce autour des fourches. Les colonies commencent presque toujours dans un endroit sombre et abrité, à l’aisselle d’un rameau ou sous le pédoncule d’un fruit, bien avant de devenir visibles à distance.

Le cycle biologique et le bon moment pour intervenir

En climat méditerranéen, l’insecte accomplit trois à quatre générations par an. La femelle pond 300 à 600 œufs dans un ovisac cotonneux, souvent dans une anfractuosité de l’écorce. Les jeunes larves, appelées baladeuses, sont mobiles, nues et non protégées par la cire : c’est le seul stade réellement vulnérable.

Période Stade dominant Action recommandée
Février-mars Femelles hivernantes Taille d’aération, huile minérale
Mai-juin Première génération de baladeuses Traitement principal
Juillet-août Deuxième génération Rattrapage, lâchers d’auxiliaires
Septembre-octobre Troisième génération Nettoyage avant l’hiver

Traiter en dehors de la période des baladeuses revient à pulvériser sur une carapace cireuse imperméable : c’est du produit perdu. Pour repérer le moment, placez une bande de glu autour d’une branche charpentière et observez le passage des larves.

Les traitements qui marchent contre la cochenille farineuse

Commencez toujours par le mécanique. Sur un petit sujet, un chiffon imbibé d’alcool à 70° passé sur chaque amas élimine 80 % de la population en une séance. Sur un arbre plus grand, un jet d’eau puissant délogera les colonies des zones accessibles.

Vient ensuite l’asphyxie. Les huiles de paraffine, dites huiles blanches, forment un film qui bouche les stigmates respiratoires de l’insecte. Diluez à 1 à 2 % et pulvérisez en mouillant abondamment, sans oublier la face inférieure des feuilles. Ne traitez jamais au-dessus de 28 °C ni en plein soleil : le risque de brûlure du feuillage est réel.

Le savon noir liquide, à raison de 20 à 30 g par litre d’eau tiède, agit par contact en dissolvant la cire. Il se combine bien avec l’huile. Deux à trois applications espacées de sept jours sont nécessaires pour couvrir l’échelonnement des éclosions.

Enfin, la gestion des fourmis conditionne tout le reste. Posez une bande de glu arboricole sur le tronc, à 40 cm du sol, après avoir lissé l’écorce. Sans fourmis, les prédateurs naturels reprennent le dessus en quelques semaines.

Si vous utilisez un produit du commerce, vérifiez qu’il est autorisé pour votre culture et respectez le délai avant récolte. La mise sur le marché des produits phytopharmaceutiques est encadrée par le règlement (CE) n° 1107/2009, qui impose une autorisation par usage : un produit homologué sur vigne ne l’est pas automatiquement sur agrumes.

La lutte biologique : les prédateurs font le travail

Deux auxiliaires sont largement utilisés dans les vergers méditerranéens. Cryptolaemus montrouzieri, une coccinelle noire à tête orange, dévore les œufs et les larves ; ses propres larves sont blanches et cotonneuses, ce qui les fait souvent confondre avec le ravageur lui-même. Ne les écrasez pas.

Le second est Anagyrus vladimiri, une micro-guêpe parasitoïde qui pond dans le corps des femelles. Les individus parasités se transforment en momies brunes et rigides. Les lâchers se font entre 20 et 30 °C, à raison de deux à cinq individus par mètre carré, en l’absence de tout traitement insecticide résiduel.

C’est la stratégie que nous privilégions dans nos vergers, exactement comme pour la mouche de l’olivier : préserver l’équilibre plutôt que stériliser la parcelle.

Prévenir plutôt que guérir

Trois erreurs favorisent l’installation du ravageur. La première est l’excès d’azote : une fertilisation trop riche produit des pousses tendres et gorgées de sève, exactement ce que l’insecte recherche. La deuxième est le manque d’aération : une couronne dense, jamais éclaircie, crée un microclimat humide et sombre. La troisième est l’absence de contrôle à l’achat : la plupart des contaminations arrivent avec un nouveau végétal.

Isolez systématiquement toute plante nouvellement acquise pendant trois semaines et inspectez les aisselles à la loupe. Taillez chaque hiver pour ouvrir le centre de l’arbre. Et limitez les apports azotés au strict nécessaire.

Une remarque sur l’irrigation : un sol constamment détrempé fragilise les racines et rend l’arbre plus sensible. À l’inverse, un stress hydrique prolongé concentre les sucres dans la sève et rend le feuillage plus attractif pour la cochenille farineuse. Un arrosage régulier mais espacé, avec un sol qui sèche en surface entre deux apports, reste la meilleure assurance. Un paillage organique aide à stabiliser cette humidité sans excès.

Cas particulier : les agrumes en pot

Un citronnier en pot, souvent rentré l’hiver dans une véranda chauffée, offre au ravageur des conditions parfaites : chaleur constante, absence de pluie, aucun prédateur. C’est le cas le plus fréquent chez les particuliers.

La méthode : sortez la plante, douchez-la entièrement, nettoyez les amas au coton imbibé d’alcool, puis traitez au savon noir tous les sept jours pendant trois semaines. Nettoyez aussi le pot, les soucoupes et le rebord de fenêtre, où les femelles se réfugient. Enfin, baissez la température hivernale à 8-12 °C : cela ralentit fortement le cycle de la cochenille farineuse.

Questions fréquentes sur la cochenille farineuse

Comment éliminer la cochenille farineuse sur un agrume en pot ?

Nettoyez les amas au coton imbibé d’alcool à 70°, douchez la plante, puis pulvérisez du savon noir dilué à 25 g/l trois fois à sept jours d’intervalle. Nettoyez également le pot et son support.

Quelle est la meilleure période pour traiter ?

De mai à juin, lorsque les jeunes larves mobiles ne sont pas encore protégées par leur cire. Un second passage en juillet-août couvre la génération suivante.

Cet insecte est-il dangereux pour l’homme ?

Non. Il ne pique pas et ne transmet aucune maladie humaine. Les fruits atteints restent comestibles après lavage, même si leur aspect est dégradé.

Comment enlever la fumagine noire sur les feuilles ?

Lavez à l’eau tiède additionnée de savon noir, puis rincez. La fumagine part mécaniquement, mais elle reviendra tant que le miellat continuera d’être produit.

Pourquoi faut-il éliminer les fourmis ?

Parce qu’elles protègent les colonies de leurs prédateurs pour récolter le miellat. Une bande de glu sur le tronc suffit à rompre cette association.

Peut-on lutter en agriculture biologique ?

Oui. Huiles de paraffine, savon noir et lâchers d’auxiliaires sont compatibles avec l’agriculture biologique, à condition d’utiliser des spécialités homologuées pour cet usage.

Nos agrumes de Calabre

Une parcelle saine ne s’obtient pas par la chimie mais par l’observation. Nous inspectons nos arbres toutes les deux semaines pendant la belle saison, nous taillons court et nous laissons les coccinelles faire leur travail. Le résultat, ce sont des fruits à peau épaisse et parfumée, que vous retrouvez dans notre sélection d’agrumes de Calabre et dans notre huile d’olive extra vierge issue des mêmes terres.

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