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Planter un olivier : jeune olivier Carolea dans une oliveraie de Calabre

Planter un olivier : sol, période, plantation et entretien

1 septembre 2026
admin

Planter un olivier : jeune olivier Carolea dans une oliveraie de Calabre

Pour planter un olivier, choisissez un emplacement en plein soleil, à l’abri des vents froids, dans un sol filtrant qui ne retient jamais l’eau. La meilleure période va de mars à mai, une fois les fortes gelées passées. Creusez un trou de 60 à 80 cm de côté, ameublissez le fond, plantez sans enterrer le collet, formez une cuvette d’arrosage et arrosez copieusement.

Je m’appelle Giuliano Conforti et je cultive des oliviers Carolea à San Giorgio Albanese, en Calabre, sur des collines situées entre 250 et 400 mètres d’altitude. Certains de nos arbres étaient déjà soignés par mon grand-père. C’est ce qui rend cette plante particulière : elle mesure le temps en générations, pas en saisons. Quand vous décidez de planter un olivier dans votre jardin, vous engagez quelque chose de long.

Dans ce guide je vous donne les gestes que nous faisons au verger, adaptés à un jardin ou à une terrasse en France : le choix de l’emplacement, la période, la technique de plantation, les premières années et les erreurs qui coûtent l’arbre.

L’olivier, un arbre qui vit des siècles

L’olivier, Olea europaea, est un arbre à feuillage persistant de la famille des Oléacées. Ses feuilles sont petites, coriaces, vert sombre dessus et argentées dessous : ce scintillement que l’on reconnaît de loin dans un paysage méditerranéen, c’est le vent qui retourne les feuilles. Le tronc, tourmenté et noueux chez les vieux sujets, se creuse et se sculpte avec l’âge.

Sa longévité est la caractéristique la plus stupéfiante : il peut dépasser mille ans, et il existe en Italie des oliviers monumentaux estimés entre 1 500 et 2 000 ans, toujours productifs. Il ne meurt pas facilement, régénérant son tronc de l’intérieur et rejetant de la souche même après un gel ou un incendie. Avant de planter un olivier, il faut avoir cela en tête : l’arbre vous survivra probablement.

Où planter un olivier : sol, exposition, climat

Trois conditions comptent, et la première est le drainage. L’olivier tolère les sols pauvres, caillouteux, calcaires, mais il ne supporte pas l’eau stagnante. Un sol argileux lourd qui reste détrempé en hiver tue l’arbre par asphyxie racinaire. Si votre terre est lourde, plantez sur une butte de 30 à 40 cm et incorporez du gravier ou de la pouzzolane au fond du trou.

La deuxième condition est le soleil : six heures minimum par jour, sans ombre portée. La troisième est le froid. L’olivier résiste bien à la sécheresse mais pas au gel intense et prolongé : en dessous de −8 à −10 °C, surtout si le froid dure, il subit des dégâts sérieux et peut perdre toute sa partie aérienne. En France, la pleine terre est sûre sur le pourtour méditerranéen et le littoral atlantique ; plus au nord, préférez un pot que vous abriterez, ou un emplacement très protégé le long d’un mur exposé au sud.

Quand planter un olivier

La bonne fenêtre dépend de votre climat. En zone méditerranéenne, l’automne, d’octobre à novembre, est idéal : l’arbre profite des pluies pour s’enraciner avant l’été. Partout ailleurs en France, mieux vaut planter un olivier au printemps, de mars à mai, quand les fortes gelées sont passées et que le sol se réchauffe. L’arbre a alors toute la belle saison pour s’installer.

Évitez absolument deux périodes : le plein hiver, où le sol froid et gorgé d’eau fait pourrir les jeunes racines, et le cœur de l’été, où l’arbre ne parvient pas à compenser l’évaporation. Un olivier acheté en conteneur peut techniquement se planter presque toute l’année, mais le taux de reprise et la vigueur des deux premières années dépendent directement de cette date.

Comment planter un olivier étape par étape

Étape Geste Point de vigilance
1. Le trou 60 à 80 cm de côté et de profondeur Ameublir le fond sans le tasser
2. Le drainage 10 cm de gravier ou pouzzolane si sol lourd Indispensable en terre argileuse
3. Le mélange Terre du jardin, sable grossier, compost mûr Pas d’engrais frais au contact des racines
4. La motte Démêler légèrement les racines périphériques Collet strictement au niveau du sol
5. La cuvette Bourrelet de terre de 60-80 cm de diamètre Elle retient l’eau d’arrosage
6. L’arrosage 30 à 40 litres immédiatement Lentement, pour chasser les poches d’air

Un tuteur est utile la première année si le site est venté, mais retirez-le au bout de deux ans : un tronc qui travaille avec le vent devient plus solide. Terminez par un paillage de 5 à 10 cm, en écorce ou en broyat, qui divise par deux l’évaporation.

Planter un olivier en pot

C’est la solution pour un balcon, une terrasse ou un jardin au nord de la Loire. Choisissez un contenant d’au moins 40 à 50 cm de diamètre, percé, en terre cuite de préférence. Le substrat doit être très drainant : deux tiers de terreau d’arbustes, un tiers de sable grossier ou de pouzzolane, avec une couche de billes d’argile au fond.

Un olivier en pot demande plus d’attention qu’en pleine terre : arrosage hebdomadaire au printemps et à l’automne, jusqu’à deux fois par semaine en juillet et août, rempotage tous les trois ans. En hiver, réduisez drastiquement les apports et placez le pot contre un mur abrité. Je détaille les volumes et la fréquence dans mon guide sur l’arrosage de l’olivier.

Les trois premières années

Un olivier fraîchement planté n’a pas encore de racines profondes et dépend entièrement de vous. Comptez 15 à 20 litres tous les 8 à 10 jours d’avril à septembre, en arrosant lentement dans la cuvette pour pousser les racines vers le bas. Un arrosage fréquent et superficiel fabrique un arbre paresseux qui ne passera pas un été sec.

Côté taille, restez léger les trois premières années : supprimez les rejets au pied, les branches qui se croisent et le bois mort, rien de plus. La forme définitive, chez nous le vase polyconique qui ouvre le centre de la couronne et maintient l’arbre à hauteur d’homme, se construit ensuite, patiemment. La santé des végétaux est par ailleurs encadrée en Europe par le règlement (UE) 2016/2031 : achetez toujours un plant muni de son passeport phytosanitaire.

Quand l’arbre commence à produire

Il faut de la patience. Un olivier issu de semis met de très nombreuses années à fructifier ; les plants que nous mettons en terre, multipliés par bouturage, donnent quelques olives dès la troisième ou quatrième année. La vraie production arrive vers sept à dix ans, et la pleine maturité productive après quinze à vingt ans.

La floraison a lieu de fin mai à mi-juin, sur le bois de l’année précédente. L’arbre ouvre une quantité énorme de petites fleurs dont seulement un à deux pour cent deviendront des olives : le reste tombe, et c’est normal. L’olivier est anémophile, il confie son pollen au vent, et beaucoup de variétés — dont la Carolea — produisent davantage quand une autre variété pollinisatrice se trouve à proximité. Si vous en avez la place, plantez deux arbres de variétés différentes.

Les erreurs à éviter quand on plante un olivier

La première est de trop arroser. L’olivier meurt bien plus souvent noyé qu’assoiffé, et une soucoupe pleine sous un pot est une condamnation. La deuxième est d’enterrer le collet : le point de jonction entre le tronc et les racines doit rester strictement au niveau du sol, faute de quoi il pourrit.

La troisième est de choisir un emplacement en cuvette où l’eau de pluie s’accumule. La quatrième est de planter trop tard en saison, en juin ou juillet, quand l’arbre n’a plus le temps de s’enraciner avant la chaleur. La cinquième, enfin, est d’apporter un engrais riche en azote au moment de la plantation : cela pousse un feuillage tendre, sensible au froid et aux ravageurs, au détriment des racines. Le fruit de toute cette patience, vous le retrouvez dans notre huile d’olive extra vierge de Calabre.

Questions fréquentes

Quelle est la meilleure période pour planter un olivier ?

En climat méditerranéen, l’automne, d’octobre à novembre, permet à l’arbre de s’enraciner grâce aux pluies avant la chaleur. Partout ailleurs en France, le printemps est préférable, de mars à mai, une fois les fortes gelées passées. Évitez le plein hiver, où le sol froid et détrempé fait pourrir les jeunes racines, et le cœur de l’été, où l’arbre ne peut pas compenser l’évaporation.

Quel sol faut-il pour planter un olivier ?

Un sol filtrant avant tout. L’olivier accepte les terres pauvres, caillouteuses et calcaires, mais l’eau stagnante le tue par asphyxie racinaire. Si votre terrain est argileux et lourd, plantez sur une butte de 30 à 40 centimètres et incorporez du gravier ou de la pouzzolane au fond du trou. Un pH neutre à légèrement alcalin lui convient parfaitement.

Un olivier résiste-t-il au gel ?

Jusqu’à un certain point seulement. L’olivier supporte bien la sécheresse mais souffre du gel intense et prolongé : en dessous de −8 à −10 °C, surtout si le froid dure, il subit des dégâts sérieux et peut perdre sa partie aérienne. Il repart généralement de la souche, mais vous perdez plusieurs années. Au nord de la Loire, la culture en pot que l’on abrite l’hiver reste la solution la plus sûre.

Au bout de combien de temps un olivier donne-t-il des olives ?

Un plant multiplié par bouturage donne ses premières olives vers la troisième ou quatrième année. La production sérieuse arrive vers sept à dix ans et la pleine maturité productive après quinze à vingt ans. Un arbre issu de semis met beaucoup plus longtemps. C’est un investissement lent : un vieux dicton de chez nous dit que celui qui plante des oliviers le fait pour ses enfants.

Faut-il deux oliviers pour avoir des olives ?

Pas obligatoirement, mais c’est fortement conseillé. L’olivier est anémophile et beaucoup de variétés, dont notre Carolea, sont partiellement autostériles : elles nouent bien davantage de fruits quand une autre variété pollinisatrice se trouve à proximité. Si vous avez la place, plantez deux arbres de variétés différentes distants de quelques mètres.

Quelle différence entre olivier et olive de table ?

C’est la même espèce, mais pas les mêmes variétés ni le même usage. Certaines cultivars sont sélectionnées pour la production d’huile, avec de petits fruits riches en matière grasse ; d’autres, dites de table, donnent de gros fruits charnus destinés à la saumure. Quelques variétés sont mixtes : la Carolea, par exemple, sert aussi bien à l’huile qu’à la table.

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